POISSON D'ÉLEVAGE/POISSON SAUVAGE : LEQUEL CHOISIR
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Posté le 26/09/2017

Il est recommandé par l'ANSES de consommer du poisson 2 fois par semaine dont 1 gras ; oui mais, du poisson d'élevage ou sauvage ? En quoi diffèrent-ils ? SmartDiet vous explique.

 

Un poisson sauvage, c'est quoi ?

Un poisson sauvage est un poisson vivant dans son état naturel ; il se nourrit seul et nage comme il le souhaite. Aucun contrôle sur son état de santé et sur les produits qu'il peut ingérer ne peut être fait. De manière générale, nos eaux sont polluées ; on retrouve principalement des métaux lourds et tout autre polluant industriel ; ce n'est plus une surprise pour personne, malheureusement. Ces composés sont stockés au niveau des matières grasses du poisson : on parle de bioaccumulation.

Plus les poissons sont gras, plus il est recommandé de privilégier la consommation de petits poissons comme le hareng, le maquereau ou la sardine plutôt que les prédateurs comme le saumon, la roussette, l'espadon ou encore le flétan.

En effet, s'ils sont sauvages, la loi de la nature est telle que les « gros » mangent les « petits » … et donc les quantités en métaux lourds se concentrent.

 

 

Un poisson d'élevage, c'est quoi ?

Afin d'accroître les rendements devenus insuffisants avec les ressources naturelles et aussi dans le but de limiter l'extinction prématurée des espèces, l'élevage est arrivé ! Rien d'étonnant finalement, au même titre que les bovins, porcins ou volailles.

En eau douce ou en eau de mer, l'élevage de poisson demande, bien évidemment, l'intervention de l'Homme.

L'élevage extensif : c'est un élevage avec une faible maîtrise - voire sans maîtrise – de la croissance et des conditions de production. Les poissons se nourrissent des ressources naturelles présentes dans le bassin.

L'élevage semi-intensif : il correspond à un élevage extensif avec un ajout de compléments nutritionnels.

L'élevage intensif : c'est un élevage comprenant une maîtrise totale de la croissance des poissons et des conditions de production. L'alimentation donnée aux poissons est artificielle, composée principalement de végétaux, de farines d'autres poissons, de vitamines et de minéraux.

Là où le « problème » se pose, c'est qu'un élevage doit être rentable. Et donc, dans l'espace clos où les poissons sont élevés, on ne peut se permettre d'avoir de maladie (synonyme de pertes animales ...et de pertes d'argent!). Alors, dès que l'un d'entre eux semble malade, c'est antibiotique pour tout le monde !

Et même, c'est parfois en prévention, à l'alimentation quotidienne, qu'une petite dose d'antibiotiques est administrée, au cas où !

 

Ainsi, dans les poissons d'élevage, on peut retrouver en plus des métaux lourds, des pesticides comme des PCB (polychlorobiphényles).

Du côté économique, le prix est généralement plus abordable pour les poissons d'élevage.

 

 

Et du point de vue nutritionnel ?

Globalement, on retrouve les mêmes compositions nutritionnelles, à savoir des protéines de bonne qualité, des acides gras insaturés sous-forme d'oméga 3, de la vitamine A, D et B12, de l'iode, du fer, du phosphore, du zinc et du sélénium.

Toutefois, on note pour les poissons gras (saumon par exemple), une richesse en matières grasses supérieure pour les poissons d'élevage. On explique ce phénomène par une abondance en nourriture et une faible « activité » ; ils nagent moins et se dépensent moins.

Oui mais, les poissons gras sont de bonne qualité, non ?

Oui, car ce sont principalement des oméga 3, un type de graisses à favoriser. En revanche, il a été prouvé que les poissons gras d'élevage contiennent plus d'oméga 6 que d'oméga 3 comparés aux poissons sauvages ! Les omégas 6 sont également de bonne qualité mais dont l'apport recommandé est à limiter.

 

De plus, concernant les saumons d'élevage, un ajout de colorant est retrouvé … Un saumon sauvage acquiert sa jolie couleur orangée grâce à sa nourriture ; or, s'il est nourri artificiellement, difficile de l'obtenir, alors on ajoute un petit colorant et hop le tour est joué ! Blague à part, c'est loin d'être rassurant, n'est-ce pas ?

 

 

Conclusion

Maintenant que vous êtes incollables sur les poissons, vous êtes en mesure de faire votre choix différemment chez votre poissonnier ! Encore une fois, il n'y a pas de « bon » et de « mauvais » tant que nous respectons l'équilibre, la variété et la fréquence de consommation.

SmartDiet vous recommande de varier les espèces, les types de culture et les zones de pêche. Ce dernier point pourra alors faire l'objet d'un prochain article.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources:

https://www.anses.fr/fr/content/manger-du-poisson-pourquoi-comment

http://bibliomer.ifremer.fr/documents/fiches/fiche_ensavoirplus_lien_methodes_sauvage-elevage_vf.pdf

http://www.franceagrimer.fr/content/download/17196/133707/file/Dossier%20de%20presse%20fili%C3%A8re%20p%C3%AAche3.pdf

« Guide de la santé dans votre assiette », Que Choisir Ed., 2010

- « Les produits de la pêche et de la pisciculture en France », FranceAgriMer

Poisson-aquaculture.fr

Poissons et produits de la pêche : conseils de consommationANSES

Composition nutritionnelle des produits aquatiques, Aquimer

« PCB et consommation de poissons de rivière : Résultats de l’étude nationale sur l’imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons d’eau douce », ANSES, janvier 2012

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